31 octobre 2007
Retour au village d'hiver d'André-Marcel Adamek
Jean-Baptiste luthier de son état, a disparu un beau jour d'hiver, lors d'une randonnée, dans son village natal : Valdaine. Gilles n'a que deux ans et de son père il ne garde aucun souvenir. D'ailleurs Suzanne, sa mère, s'est débarassé de tout ce qui rappelait son passage dans leur vie.
Lorsqu'elle se remarie avec Martin, Gilles ne comprend pas que sa mère puisse être attirée par ce gros homme. Seule sa fille Florianne trouve grâce à ses yeux.
Il va se révolter contre cet homme qui a pris la place de son père. Gilles devenant de plus en plus impossible à vivre face à Martin sa mère l'envoie chez sa tante Claudie qui tient un magasin de mercerie. Une adorable vieille dame.
C'est Martin qui lui donne l'argent pour poursuivre ses études et jamais il n'élève la voix sur Gilles. Jamais il ne lui fait de reproche. Martin est insipide.
Gilles n'a qu'une envie, comprendre la disparition de son père. Ce sera un long cheminement et lorsqu'il découvrira la vérité, il l'acceptera avec toute la force de son amour pour son père...
Une histoire toute simple : un fils qui désire retrouver une trace de son père disparu trop tôt.
Des mots simples, légers comme la neige là haut dans la montagne. Une histoire de vie comme tant d'autres.
"Il m'expliqué que l'âme était en bois de santal et que la corde de l'archet est faite d'un nerf d'écureuil. J'ai souvent essayé d'en jouer, mais mes doigts sont trop gros pour pincer les cordes. Ton père, lui il en tirait des cris à faire danser les oiseaux. Ce n'était pas vraiment de la musique. Ca parlait du vent, des sources, de la nuit. Les brebis ça les clouait sur place. Elles s'arrêtaient de brouter et regardaient le fon du ciel. Et les chiens se jettaient ventre à terre, comme si on leur brûlait les yeux"
L'oreiller d'un enfant
Cher petit oreiller, doux et chaud sous ma tête,
Plein de plume choisie, et blanc, et fait pour moi !
Quand on a peur du vent, des loups, de la tempête,
Cher petit oreiller, que je dors bien sur toi !
Beaucoup, beaucoup d'enfants, pauvres et nus, sans mère,
Sans maison, n'ont jamais d'oreiller pour dormir ;
Ils ont toujours sommeil, ô destinée amère !
Maman ! douce maman ! cela me fait gémir ...
Marcelin Desbordes-Valmore
Thomas Cambois
Majesté
Edmund C Tarbell
Mon petit coin bonheur
30 octobre 2007
Magnus de Sylvie Germain
Franz-Georges est inséparable de son ours Magnus. Sa maman Théa est jolie comme un coeur et son papa est médecin dans un asile. Franz-Georges ne parlant plus c'est sa maman qui lui a réappris à apprivoiser les mots. Il aime écouter son papa chanter des lieder mais la vie n'est pas si belle car ils vivent en Allemagne et c'est la défaite.
Ils s'enfuient tous trois sous des noms d'emprunt. Son père part à Véracruz et sa maman attend celui-ci jusqu'au jour où on lui annonce sa mort Là si loin. Et de ce jour, elle se laisser mourir et confie Franz-Georges à son oncle Lothar, pasteur en Angleterre. Et s'appellera dorénavant Adam.
Mais Adam n'est pas Adam. Tout comme Franz-Georges n'est pas Franz-Georges. Il est tout simplement Magnus, enfant adopté par Théa et Clemens. Mais qui est Magnus et d'où vient-il ?
Troisième roman de Sylvie Germain que je découvre et celui- ci m'a moins captivé.
J'ai surtout aimé la denière partie quand Magnus rencontre l'ermite moine Jean, accompagné par toutes ses abeilles. On y retrouve toute la poésie de la nature que Sylvie Germain distille dans ses écrits et que j'apprécie tant
"Il pousse la porte, le plein soleil l'aveugle. "Bonjour fils! As-tu bien dormi ?" Le moinillon coiffé de sa ruche ambulante est revenu, aussi enjoué et bourdonnant que la veille"
Lire aussi l'avis de Cathulu, Bellesahi, Florinette.
Royo
Provision
Je prendrai par la main les deux petits enfants
Je prendrai par la main les deux petits enfants ;
J'aime les bois où sont les chevreuils et les faons,
Où les cerfs tachetés suivent les biches blanches
Et se dressent dans l'ombre effrayés par les branches ;
Car les fauves sont pleins d'une telle vapeur
Que le frais tremblement des feuilles leur fait peur.
Les arbres ont cela de profond qu'ils vous montrent
Que l'éden seul est vrai, que les coeurs s'y rencontrent,
Et que, hors les amours et les nids, tout est vain ;
Théocrite souvent dans le hallier divin
Crut entendre marcher doucement la ménade.
C'est là que je ferai ma lente promenade
Avec les deux marmots. J'entendrai tour à tour
Ce que Georges conseille à Jeanne, doux amour,
Et ce que Jeanne enseigne à George. En patriarche
Que mènent les enfants, je réglerai ma marche
Sur le temps que prendront leurs jeux et leurs repas,
Et sur la petitesse aimable de leurs pas.
Ils cueilleront des fleurs, ils mangeront des mûres.
Ô vaste apaisement des forêts ! ô murmures !
Avril vient calmer tout, venant tout embaumer.
Je n'ai point d'autre affaire ici-bas que d'aimer.
Victor hugo












