23 octobre 2007
L'enfant meduse de Sylvie Germain
Lucie est une petite fille rêveuse. Elle adore les contes et légendes. Son meilleur ami Louis Félix, passe son temps à regarder le ciel et les étoiles. Il veut devenir astronome. Ils sont inséparables. Ils vivent leur amitié au milieu de cette région de marais où ils résident. Son papa, être invisible dans la maison, passe son temps à parler à diverses personnes dans le monde grâce à sa petite radio amateur et sa maman n'est pas vraiment maternelle sauf pour son fils Ferdinand né de son premier mariage. Ferdinand qui est si beau et que Lucie adore.
Lorsque Anne-Lise petite fille comme elle, est retrouvée assassinée et violée, elle ne comprend pas. Pas plus lorsqu'Irène est retrouvée pendue dans le grenier après avoir été violée également, Lucie continue à vivre dans l'innocence de l'enfance.
Mais un jour l'ogre escalade le mur et entre par la fenêtre. Cet ogre va lui rendre visite toutes le semaines pendant trois longues années et abuser d'elle. L'ogre s'appelle Ferdinand.
Lucie va perdre le goût de l'enfance, s'éloigner de tous et rompre son amitié avec Louis Félix. Elle va s'enfoncer dans une vie de plus en plus triste et passer ses journées au milieu des marais parmi les bêtes glauques qui y vivent.
Mais un jour, l'ogre tombe en escaladant le mur et la vengeance de Lucie va prendre forme. Elle le tuera avec son regard de méduse.
Même après la mort de cet ogre, Lucie ne retrouvera pas de suite le bonheur et pendant des longues années elle va rechercher ce goût de l'enfance qu'elle réussira à redécouvrir.
Sylvie Germain traite d'un sujet immonde, la pédophilie traitée ici sous forme d'inceste. La peur que cela engendre chez les enfants qui n'osent pas en parler même auprès de ceux qui les aiment ainsi que la destruction de leur innocence.
Un livre qui bouleverse, qui remue le coeur car l'ogre qui dévore la vie de Lucie est son propre demi-frère qu'elle adore et qui est décrit comme un ange au physique. Mais tout ange peut cacher un monstre.
J'adore l'écriture de Sylvie Germain, une véritable rencontre littéraire et ce deuxième roman ne m'a aucunement déçue. Il est parfois si difficile de trouver les mots pour décrire le bonheur d'ouvir les livres de certains auteurs.
"Les coquelicots; ce sont les fleurs préférées de Lucie. Au début de l'été il en pousse en pagaille dans les prés aux abords du village d'Irène Vassal. Lucie connait dans ses moindres détails la route qui conduit là-bas, depuis le temps qu'elle s'y rend à bicyclette. elle a fait cette route en toutes saisons, mais la plus belle est celle où le printemps se transforme en été, où les fleurs, les épis crèvent la campagnede de vives taches de couleurs"












